Plateformes de freelance : qui prend quelle commission

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Article mis à jour le 7 novembre 2026

Facturer une mission via une plateforme de freelance plutôt que d’enchaîner les sondages en ligne, c’est souvent un bon calcul horaire. Mais encore faut-il savoir combien la plateforme retient au passage, parce que l’écart entre le tarif affiché au client et le montant qui atterrit sur votre compte peut être conséquent selon l’outil choisi.

Pourquoi ces commissions varient autant

Les plateformes de mise en relation entre freelances et clients se rémunèrent presque toutes de la même façon : un pourcentage prélevé sur chaque mission, parfois complété par des frais de retrait ou un abonnement. Certaines appliquent un taux fixe quel que soit le montant de la mission, d’autres une commission dégressive : plus vous facturez de missions à un même client dans la durée, plus le pourcentage prélevé diminue. Cette mécanique change complètement la rentabilité selon que vous travaillez avec un client ponctuel ou un client fidèle sur plusieurs mois.

Comparatif des principales plateformes

Les taux ci-dessous sont des ordres de grandeur observés sur ces plateformes ; les conditions commerciales évoluent régulièrement, et je vous invite à vérifier le taux exact en vigueur directement dans les conditions générales de chaque site avant de vous engager sur une mission.

Plateforme Commission Mode de paiement Type de missions
Malt Environ 10 % à la charge du client, freelance payé au tarif affiché Virement bancaire, paiement sécurisé via la plateforme Missions tech, conseil, marketing, design, souvent en B2B
Fiverr Environ 20 % prélevés sur le montant facturé au freelance Virement ou carte prépayée internationale, retrait par palier Prestations à l’unité (« gigs ») : graphisme, rédaction, montage vidéo, voix off
Upwork Commission dégressive selon le cumul facturé à un même client (taux plus élevé en début de relation, réduit ensuite) Virement international, retenue de frais de change possible Missions ponctuelles ou récurrentes, souvent en anglais, clientèle internationale
Comet Frais de mise en relation à la charge de l’entreprise cliente, prélèvement limité côté freelance Virement bancaire après validation de la mission Missions courtes et spécialisées, souvent freelances confirmés

Le piège du tarif affiché versus le tarif perçu

La plupart des freelances débutants fixent leur tarif horaire en pensant au montant qu’ils veulent recevoir, puis oublient d’ajuster ce montant à la commission de la plateforme. Résultat : un tarif annoncé à 30 euros de l’heure sur une plateforme qui prélève 20 % ne rapporte en réalité que 24 euros. Ma règle est simple : je calcule toujours mon tarif cible net, puis je remonte le tarif affiché en fonction de la commission de la plateforme choisie, jamais l’inverse.

Le statut, une variable qui s’ajoute à la commission

Ces plateformes ne dispensent d’aucune formalité : la quasi-totalité des freelances qui y facturent le font sous le statut de micro-entrepreneur, avec les cotisations sociales qui s’appliquent en plus de la commission de la plateforme. Sur cent euros facturés à un client via une plateforme qui prélève 20 %, il reste quatre-vingts euros de chiffre d’affaires, dont il faut encore déduire les cotisations sociales avant d’obtenir le montant réellement disponible. C’est un double prélèvement qu’il faut intégrer dès le départ dans le calcul de rentabilité horaire, sans quoi la déception arrive vite.

Les frais annexes à ne pas négliger

  • Frais de conversion de devise pour les clients ou plateformes basés à l’étranger, notamment fréquents sur Fiverr et Upwork.
  • Délai de disponibilité des fonds après validation de la mission, qui peut aller de quelques jours à plusieurs semaines selon la plateforme.
  • Seuil minimal de retrait, en dessous duquel les fonds restent bloqués sur le compte de la plateforme.
  • Abonnement mensuel ou frais de mise en avant du profil, facultatifs mais parfois quasi nécessaires pour obtenir des missions régulières.

Un exemple chiffré, du devis au virement

Prenons une mission de rédaction facturée 200 euros à un client trouvé sur une plateforme qui prélève 20 % côté freelance. Sur ces 200 euros, la commission retient 40 euros, il reste donc 160 euros de chiffre d’affaires. Si vous êtes en micro-entreprise sur une activité de prestation de services, comptez encore environ 21 à 24 % de cotisations sociales sur ces 160 euros, soit entre 34 et 38 euros supplémentaires qui partent en charges. Au final, sur les 200 euros facturés au client, il reste un peu plus de 120 euros disponibles, avant impôt sur le revenu. C’est cet écart entre le prix affiché et le montant net qui surprend le plus les freelances débutants, et qui explique pourquoi il faut négocier ses tarifs en connaissance de cause dès le premier devis.

Négocier son tarif en tenant compte de la commission

Une fois ce double prélèvement identifié, la seule vraie marge de manœuvre reste le tarif affiché au client. Beaucoup de freelances expérimentés ajoutent systématiquement le pourcentage de commission de la plateforme à leur tarif cible avant de le proposer, de façon à ce que le montant net corresponde à ce qu’ils visaient au départ. Cette pratique est parfaitement légitime et largement répandue : le client paie le prix du marché pour la prestation, la plateforme prend sa part sur ce prix, et le calcul reste transparent pour tout le monde.

Quelle plateforme choisir selon le profil

Pour des missions ponctuelles à l’unité, sans démarchage, Fiverr reste accessible mais avec une commission qui pèse lourd sur les petits montants. Pour construire une clientèle française récurrente en B2B, Malt offre un rapport commission-visibilité plus favorable une fois le profil établi. Upwork garde un intérêt pour viser une clientèle internationale, à condition d’accepter la logique de commission dégressive qui favorise les relations longues avec un même client. Comet convient davantage à des profils déjà confirmés, sur des missions courtes et bien rémunérées.

Avant de choisir une plateforme, faites le calcul complet : commission, cotisations sociales si vous êtes en micro-entreprise, et frais de virement. Et si vous cherchez d’autres pistes de revenu d’appoint en attendant que votre profil freelance décolle, ma rubrique sondages et compléments de revenus compare ce que rapporte réellement chaque heure passée dessus.

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